Surpoids chez les animaux et douleurs articulaires : pourquoi l’alimentation n’est pas tout

Les chiens et les chats ont subi un processus de domestication millénaire, ce qui a engendré des différences significatives avec leurs ancêtres sauvages. Nombre d'entre eux mènent désormais une vie sédentaire, à l'intérieur, avec peu de stimulations environnementales. De plus, leurs habitudes alimentaires ont évolué : ils n'ont plus besoin de chasser pour se nourrir ; on leur fournit désormais plusieurs portions de nourriture […]

Contenu

  1. Pourquoi l'alimentation ne fait-elle pas tout ?
  2. Que faire d'autre qu'un régime si vous êtes en surpoids ?
  3. Réhabilitation de l'eau
  4. Entraînement olfactif et mental
  5. Physiothérapie
  6. L'obésité et son impact sur les articulations des animaux
  7. Comment aider en toute sécurité un animal souffrant de problèmes articulaires à perdre du poids ?
  8. Compléments articulaires et lutte contre le surpoids chez les animaux
  9. Résumé
  10. Bibliographie

Les chiens et les chats ont été domestiqués au fil des millénaires, ce qui a engendré des différences importantes avec leurs ancêtres sauvages. Nombre d'entre eux mènent désormais une vie sédentaire, confinés à l'intérieur, avec peu de stimulation extérieure. De plus, leurs habitudes alimentaires ont évolué : ils n'ont plus besoin de chasser pour se nourrir ; ils reçoivent désormais plusieurs repas tout au long de la journée. Tous ces facteurs contribuent au développement du surpoids et, par conséquent, de l'obésité.

L'excès de poids est aujourd'hui un problème de santé majeur. Des études montrent que l'obésité touche 411 % des chats et environ 391 % des chiens. Ces phénomènes sont néfastes pour l'organisme : ils augmentent le risque de nombreuses maladies et provoquent une inflammation chronique. Dans l'article suivant, vous découvrirez quels facteurs, outre l'alimentation, influencent le surpoids et l'obésité chez les animaux.

Pourquoi l'alimentation ne fait-elle pas tout ?

L'obésité animale est une pathologie, considérée comme une maladie chronique, caractérisée par un dépassement du poids corporel idéal de 301 kg. Chez les animaux en surpoids, ce dépassement est de 151 kg. Le processus à l'origine de cette pathologie est multifactoriel. L'alimentation est sans aucun doute un facteur clé. Le mode d'alimentation détermine la quantité d'énergie fournie à l'organisme. Un apport calorique inadapté aux besoins énergétiques réels de l'animal, un manque de contrôle des portions, un grignotage excessif et une alimentation à volonté sont autant de facteurs importants. Parmi les autres facteurs, on peut citer : 

  • Aucun mouvement

L'activité physique joue un rôle essentiel dans le maintien d'un poids santé chez les chiens et les chats. Un manque d'exercice entraîne un déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques, ce qui provoque un excédent d'énergie et favorise l'accumulation de graisse corporelle, voire le développement d'un surpoids ou d'une obésité chez ces animaux. Une étude menée au Royaume-Uni a démontré que l'obésité canine était plus fréquente chez les chiens peu actifs que chez ceux qui pratiquaient une activité physique régulière. Chez les chats, un faible niveau d'activité contribue significativement à l'obésité, le plus souvent due à un espace restreint, au manque de chasse et à une stimulation environnementale limitée. Il est important de souligner que, chez les chiens comme chez les chats, nous, les propriétaires, sommes responsables de l'inactivité de nos animaux et, par conséquent, de leur poids.

  • facteurs génétiques

Certaines races, comme le Golden Retriever, le Labrador, le Carlin et le Teckel, semblent plus sujettes à l'obésité. Cela pourrait être dû à des facteurs génétiques affectant le métabolisme et la régulation de l'appétit. Cependant, seul le Beagle présente un lien avéré entre une mutation du gène MC4R et une tendance à la suralimentation et à la prise de poids, pouvant mener à l'obésité.

  • Troubles du microbiote intestinal

De plus en plus d'études indiquent que la composition du microbiote intestinal pourrait jouer un rôle important dans le développement de l'obésité chez les animaux. Chez l'humain, des études ont montré qu'un régime riche en graisses influençait l'abondance et la diversité du microbiome du tractus gastro-intestinal, favorisant l'inflammation et l'absorption des lipopolysaccharides par l'épithélium intestinal, ce qui accroît leur transport vers le système lymphatique. Ce processus pourrait influencer le métabolisme et favoriser l'accumulation de tissu adipeux chez les animaux obèses. Cependant, on ignore encore si la dysbiose est une conséquence de l'obésité chez les animaux ou si elle contribue à son développement.

  • Stresser

Des études montrent que l'exposition à des facteurs de stress incite les chats à manger plus souvent et en plus grande quantité, ce qui peut entraîner l'obésité. Chez le chat, l'environnement de vie est primordial. Un espace restreint, un accès limité à l'extérieur et un manque de stimulations environnementales peuvent non seulement réduire son activité physique, mais aussi engendrer frustration et stress. L'impossibilité de se livrer à des comportements naturels, comme la chasse ou l'exploration, peut contribuer à une surconsommation alimentaire et, par conséquent, à l'obésité.

  • Castration

Un autre facteur augmentant le risque d'obésité chez les chiens et les chats est la stérilisation. Cette intervention modifie l'équilibre hormonal, ce qui peut entraîner des changements au niveau du métabolisme, de l'activité physique et de l'appétit. Après la stérilisation, les besoins énergétiques diminuent et, si l'apport énergétique de l'alimentation n'est pas adapté, cela conduit à une prise de poids progressive.

  • Âge

L'âge influe également sur le risque de surpoids et d'obésité chez les animaux. Avec l'âge, leur métabolisme ralentit et leur activité physique diminue souvent. Les animaux âgés peuvent aussi souffrir de troubles musculo-squelettiques ou d'autres affections limitant leur mobilité, ce qui contribue à la prise de poids.

Comme vous pouvez le constater, le développement du surpoids et de l'obésité chez les chats et les chiens est un processus complexe. Souvent, la cause n'est pas un seul facteur, mais plusieurs facteurs agissant simultanément. Par conséquent, la prévention et le traitement efficaces de l'obésité chez les animaux doivent reposer sur une approche globale, englobant à la fois une alimentation équilibrée et des modifications du mode de vie.

Que faire d'autre qu'un régime si vous êtes en surpoids ?

Comme mentionné précédemment, l'alimentation n'est pas le seul facteur influençant la prise de poids d'un animal. L'activité physique quotidienne est particulièrement importante. Celle-ci peut prendre de nombreuses formes ; voici quelques exemples.

Réhabilitation de l'eau

Cette méthode est idéale pour les chiens en surpoids. Elle consiste à faire faire des exercices aquatiques aux chiens sous la supervision d'un physiothérapeute. L'eau permet une mobilisation musculaire sans solliciter les articulations, ce qui en fait une excellente forme d'exercice, même pour les chiens âgés. Une rééducation régulière améliore la condition physique, renforce les muscles et favorise la combustion des graisses.

Entraînement olfactif et mental

L'activité d'un chien ne doit pas se limiter à l'exercice physique. La stimulation mentale est tout aussi essentielle. Elle contribue à son bien-être mental et réduit l'ennui, souvent source de suralimentation. Lors de ce type d'entraînement, l'animal utilise son odorat pour rechercher des objets ou des friandises cachés. Cette activité stimule son attention, développe sa concentration, réduit son stress et renforce le lien entre le chien et son maître.

Physiothérapie

La physiothérapie apporte un soutien important dans le traitement non seulement du surpoids chez le chien, mais aussi de l'obésité féline. Elle est le plus souvent pratiquée sur les animaux dont l'excès de poids a entraîné une surcharge du système musculo-squelettique. Des traitements tels que les massages, les exercices de stabilisation et la thérapie manuelle améliorent l'amplitude articulaire, renforcent les muscles et réduisent la douleur. Cela permet aux animaux obèses d'augmenter progressivement leur activité physique, favorisant ainsi une perte de poids plus efficace. Dans de nombreux cas, la physiothérapie sert également de mesure préventive, en évitant l'aggravation des problèmes orthopédiques liés au surpoids chez le chien.

L'obésité et son impact sur les articulations des animaux

Le surpoids et l'obésité chez les animaux de compagnie constituent un facteur de risque important pour le développement de troubles musculo-squelettiques, notamment articulaires. Un poids corporel excessif entraîne une augmentation de la pression sur les surfaces articulaires, ce qui accélère l'usure du cartilage et contribue ainsi à l'apparition de lésions dégénératives. Celles-ci se manifestent par des douleurs, des raideurs et une mobilité articulaire réduite, ce qui conduit les animaux à devenir moins actifs et, par conséquent, à prendre du poids. On constate donc que la relation entre l'obésité animale et les maladies articulaires est bidirectionnelle. 

Il est également important de noter que le tissu adipeux sécrète diverses substances biologiquement actives qui intensifient les processus inflammatoires dans l'organisme. Ceci entraîne une inflammation chronique, susceptible d'aggraver les lésions articulaires et d'accélérer le développement de maladies dégénératives. Il convient également de rappeler que l'obésité chez les animaux génétiquement prédisposés aux maladies articulaires, telles que la dysplasie de la hanche ou la rupture des ligaments croisés, accélère l'apparition des symptômes cliniques et aggrave la maladie. Par conséquent, le maintien d'un poids corporel sain est un élément essentiel de la prévention des troubles musculo-squelettiques chez les animaux de compagnie. 

Comment aider en toute sécurité un animal souffrant de problèmes articulaires à perdre du poids ?

L'obésité chez les animaux est un problème de santé grave qui nécessite une prise en charge spécifique et une approche globale. Une perte de poids trop rapide ou mal gérée peut affaiblir l'organisme et détériorer l'état de santé général de l'animal. Ce processus doit être progressif et adapté à l'âge, à la condition physique et à l'état de santé de l'animal. Chez les chiens et les chats souffrant de problèmes articulaires, la base de la lutte contre le surpoids repose sur une alimentation adaptée et une activité physique contrôlée. Il est particulièrement important de limiter l'apport calorique des repas tout en maintenant un niveau de protéines suffisant pour préserver la masse musculaire. La taille des portions doit également être contrôlée et les friandises riches en calories limitées. La supplémentation en produits de soutien articulaire joue un rôle important dans la prise en charge de l'obésité animale. Bien que l'exercice soit essentiel à la perte de poids, il doit être adapté aux capacités de l'animal et à la gravité de ses problèmes articulaires. Des activités modérées et régulières, comme des promenades tranquilles ou de la rééducation, sont fortement recommandées. De courtes séances de jeu avec des jouets stimulants peuvent être bénéfiques pour les chats obèses.

En résumé, une perte de poids saine chez les animaux obèses souffrant de problèmes articulaires repose sur plusieurs éléments clés : une alimentation équilibrée, une perte de poids progressive, une activité physique adaptée, un suivi en physiothérapie et un suivi médical régulier. Cette approche globale permet non seulement de réduire le poids corporel des animaux obèses, mais aussi d’améliorer leur qualité de vie et de limiter la progression des troubles musculo-squelettiques.

Compléments articulaires et lutte contre le surpoids chez les animaux

Comme mentionné précédemment, l'obésité chez les animaux entraîne une augmentation des contraintes articulaires et une usure accélérée du cartilage. Pour accompagner les animaux en surpoids, il est essentiel d'adopter une approche globale, incluant un régime alimentaire adapté à la perte de poids, une activité physique adaptée à leurs capacités et une supplémentation ciblée pour favoriser une fonction articulaire optimale. Ces compléments alimentaires contribuent à réduire l'inflammation, à améliorer la mobilité articulaire et à soutenir la régénération du cartilage, facilitant ainsi la pratique de l'activité physique nécessaire à la perte de poids.

Les préparations de marque en sont un exemple. Animalactin. Ces produits conviennent aux animaux obèses nécessitant une protection articulaire supplémentaire. Leur formule est notamment basée sur l'ingrédient MicroLactin®, Ce produit contient un concentré de protéines de lait bioactives aux propriétés anti-inflammatoires, ainsi que des additifs tels que la glucosamine, la chondroïtine et l'acide hyaluronique. Il offre une action multiple : réduction de l'inflammation, soutien à la régénération du cartilage articulaire et amélioration de la mobilité articulaire.

Résumé

Le surpoids et l'obésité chez les animaux constituent un grave problème de santé publique. Bien que l'alimentation joue un rôle essentiel dans le développement de l'obésité, elle n'est pas le seul facteur en jeu. D'autres facteurs, tels que le niveau d'activité physique, la prédisposition génétique, le stress, l'âge, la stérilisation/castration et les déséquilibres du microbiote intestinal, sont également importants. Chez les chiens et les chats, l'excès de poids a des conséquences néfastes sur le système musculo-squelettique, pouvant entraîner des douleurs articulaires. Par conséquent, la prévention et le traitement efficaces de l'obésité animale doivent reposer sur une approche globale, incluant une alimentation adaptée, une activité physique appropriée et une supplémentation. Ceci permettra une perte de poids saine, améliorera la qualité de vie de l'animal et réduira le risque de développer des troubles musculo-squelettiques.

Bibliographie

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  3. Mao J., Xia Z., Chen J., Yu J. (2013) Prévalence et facteurs de risque de l'obésité canine étudiés dans les cabinets vétérinaires de Pékin, en Chine. Médecine vétérinaire préventive, 112(3–4), 438–442.
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  5. Lechowski R. L'obésité canine comme facteur de risque important dans le développement de maladies générales, Revue vétérinaire, 2015, 04
1er avril 2026
Radosław Kuczyński
Vétérinaire